exemples de bastides

Le point sur les bastides à plan régulier.

Claude Calmettes

Les sources initiales qui avaient nourri la mise au point de nos bases de données ont été largement renouvelées, comme nous l'avons souligné au fur et à mesure de l'avancement de notre projet INTERREG. À ce jour la recherche entreprise sur l'apparition du système de planification régulière dans l'histoire du peuplement du Sud-Ouest français, à travers les différentes formes d'organisation de l'espace, fait apparaître un certain bouleversement dans la façon de nommer ces créations urbaines.

On distingue toujours l'habitat regroupé sous les formes de bourgs ecclésiaux ou monastiques, de bourgs castraux et de bastides, mais les catégories ne sont plus aussi tranchées et surtout les sources revisitées ont dévoilé l'extrême complexité du phénomène d'évolution des formes urbaines. Seules, les bastides savent à partir de quand elles ont eu droit de cité... La date de 1229 est fatidique, c'est le traité de Meaux-Paris qui a autorisé le Comte de Toulouse, défait par les troupes du Roi Capétien, à reconstruire sur ses territoires dévastés de nouvelles agglomérations, à condition qu'elles ne soient pas munies de fortifications. Si le mot BASTIDE a eu beaucoup de mal à s'adapter à cette nouvelle réalité urbaine, il ne peut en aucun cas désigner une quelconque réalisation précédant cette date.
On constate ainsi une réorganisation de la filiation morphologique des agglomérations de Moyen Âge si créatif et un nouvel ordre des choses qui prévaut dans la mise en place de la base de données du C.E.B. Nous avons revu, à la baisse naturellement, la liste des villes neuves médiévales dans la rubrique BASTIDE, tout en restant ouvert aux recherches permanentes, sans pouvoir trancher dans certains cas litigieux, par absence de sources fiables.

Ceci prévaut dans le cadre des notions historiques, qui restent naturellement la base, mais nos recherches ont confirmé ce que nous pressentions au tout début de notre quête passionnée. Pour exister, les villages, les bourgs et les petites villes ont besoin d'avoir une forte motivation pour défendre leurs valeurs et leur identité.Or, si le bourgs ecclésiastiques ont leur ÉGLISE, si les bourgs castraux ont leur CHÂTEAU, c'est leur PLAN que les bastides ont en propre, et ce plan doit être un atout majeur et attractif. C'est sa RÉGULARITÉ qui frappe et c'est cette régularité qui permet aux bastides de see reconnaître à travers l'Europe comme un PATRIMOINE commun.

Devant cette évolution de notre réflexioon qui conformte ses appuis scientifiques et confirme ses objectifs ambitieux et réalistes, la question du bien-fondé du regroupement de nos agglomérations sous la dénomination de bastides doit se formuler, sans doute, autrement ou se développer différemment.

Un premier constat permettra de clarifier une formulation maladroite et, devant appeler un chat un chat, il faudra commencer par nommer chaque agglomération associée par son substantif identitaire. A côté des bastides indiscutables, apparaitront les sauvetés, les bourgs ecclésiaux et les bourgs castraux dont les extensions pourront comporter une volonté de planification réelle.

D'autres formes d'urbanisme comporteront le nom de bastide sans raison historique vérifiable. On pourra envisaer de garder les associations sous leur forme actuelle, pour une animation locale, comme c'est le cas pour certaines. Mais il conviendra de regrouper, sur un plan plus opérationnel et global, les problèmes propres aux bastides, répondant aux critères de morphologie et de densité humaine dans chaque catégorie retenue, pour des solutions qui leur seront propres. Ce sera l'objectif européen qui sera privilégié.

Voilà à partir de quoi nous llons pouvoir définir notre statégie.

info bastide n° 71 juin 2008



© Centre d'Etude des Bastides 2010
- Mise à jour de cette page : 06/04/2010 -
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