Atlas, l'histoire face à ses sources

Claude Calmettes

Le lent processus de retour aux sources entamé par les différents acteurs du projet Interreg n’a pas été ressenti comme il le devait par tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à ce problème des bastides qui nous préoccupe. Nous avons tous vécu, pendant une durée plus ou moins longue, avec des notions relativement simples sur le plan de l’histoire, de l’urbanisme, d’un cadre de vie spécifique aux bastides dont le nom lui-même est resté assez ésotérique.

On a beaucoup prêté aux responsables et aux populations du Moyen Âge sans trop bien savoir d‘où venait l’origine de nombreuses inventions hasardeuses. Le monde des historiens avait arrêté de travailler une fois défini le discours officialisé par Charles HIGOUNET et le monde des citoyens intéressés par ces créations urbaines plus ou moins mystérieuses ne s’abreuvait qu’aux sources imprimées dont le système de copié-collé renforçait la crédibilité. A toujours lire la même chose depuis 1970 jusqu’à nos jours on finissait par y croire.
Et bien non, les bastides ne sont pas 300, 400 ou 500, réparties dans notre grand Sud-Ouest, et bien non, les plans de ces agglomérations ne sont pas tous engendrés par une Régularité ésotérique. Et puis non aussi, Cordes n’est pas la première bastide, c’est même l’un des plus beaux bourgs castraux. Car, oui, les sauvetés existent, et les bourgs ecclésiastiques et monastiques ainsi que les bourgs castraux, les castrum et les castelneaux. Pour simplifier, on a fait fort et pour y voir clair aujourd’hui, il faut du temps, il faut entrer dans le monde des chercheurs qui a continué à plonger dans de nouvelles sources ou dans de nouvelles lectures patientes de sources mal connues.

A rencontrer les spécialistes du peuplement qui s’est produit du X° au XIV° siècles, nous avons eu le courage de les écouter, puis de les interroger sur nos propres doutes et enfin de nous lancer, en partenariat, dans la constitution de documents scientifiquement établis, reprenant la filière des créations urbaines afin de constituer la base de notre connaissance actuelle l’ATLAS des BASTIDES VILLES NEUVES MÉDIÉVALES À PLAN RÉGULIER.









Cet ATLAS prend en compte toutes les agglomérations qui ne posent aucun problème de reconnaissance que ce soit, par la date de leur fondation ou par leur plan très structuré. Il est question de moins d’une centaine de bastides, car nous avons arrêté leur prise en compte en deçà d’une population de 500 habitants, pour des raisons de mise en place de leur développement, auquel il faut bien sûr nous intéresser. Nous avons retenu tous les plans organisés volontairement autour de deux axes ou d’un seul axe. Les plans qui ne reflètent pas ce principe de régularité ne sont pas étudiés, même s’ils gardent historiquement leur identité « bastide ». Ce document qui va présenter près de 90 agglomérations réputées « bastides à plan régulier » devient le creuset fondateur de tous les travaux qui vont en découler. Il sera le seul à proposer pour chaque Fondation Historique une NOTICE scientifique nourrie aux dernières sources de la recherche, des PLANS et schémas aux échelles nécessaires pour faire comprendre les points qui leur sont communs et ceux qui les différencient ainsi que les IMAGES d’aujourd’hui qui plaident pour leur protection, leur développement et, pour certaines, de leur valeur patrimoniale européenne.





info bastide n°74 mai 2009

© Centre d'Etude des Bastides 2010
- Mise à jour de cette page : 28/05/2010 -
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